Voici quelques questions fréquemment posées sur l'amalgame dentaire.

1. Qui est chargé de veiller à l'innocuité des appareils et des matériaux médicaux?

Au Canada, c'est la Direction générale de la protection de la santé (DGPS), à Santé Canada, qui est chargée de la réglementation des appareils et matériaux médicaux.

2. L'emploi de l'amalgame dentaire est-il autorisé au Canada et est-il sûr?

Les matériaux de restauration ne se situent pas dans une catégorie dont Santé Canada exige que les éléments aient été approuvés avant leur mise en marché. Néanmoins, si elle peut toujours réglementer les appareils ou matériaux médicaux, la Direction générale de la protection de la santé ne limite pas actuellement l'utilisation de l'amalgame dentaire.

3. De récentes études n'ont-elles pas démontré que l'amalgame dégage de la vapeur de mercure et qu'on ne devrait pas l'utiliser?

Les études scientifiques n'ont pas confirmé que l'amalgame dentaire causait des problèmes particuliers à la population en général. On sait, cependant, depuis un certain temps, que les obturations à l'amalgame dégagent d'infimes quantités de vapeur de mercure, surtout pendant la mastication, et que ce mercure peut être absorbé, atteindre certains organes et traverser le placenta. Il en va ainsi du mercure venant de sources naturelles, tels les aliments.

4. Le mercure n'est-il pas une substance toxique?

Élément simple, le mercure est un métal toxique que nous trouvons dans l'air, l'eau, le sol et les aliments, et auquel nous sommes tous exposés. Dans l'amalgame dentaire, il est lié à d'autres métaux, notamment l'argent, le cuivre et l'étain. D'infimes quantités de vapeurs de mercure s'échappent de l'amalgame pendant la mastication. Leur toxicité dépend de la quantité de mercure que nous absorbons. Le mercure, provenant de toutes les sources, s'accumule dans les organes et les tissus de l'organisme, surtout les reins, mais aussi au cerveau, dans les poumons, le foie et le tractus gastro-intestinal.

5. Combien de mercure provenant de sources naturelles et combien des obturations à l'amalgame une personne absorbe-t-elle?

La quantité dépend de divers facteurs, tels la nature des aliments qu'on ingurgite, l'exposition en milieu de travail, la quantité de mercure dans l'environnement et le nombre d'obturations à l'amalgame qu'on a en bouche. Santé Canada estime qu'au Canada, l'adulte moyen, âgé de 20 à 59 ans, absorbe par jour environ 9 millionièmes de gramme de mercure provenant de toutes les sources. On estime que, de cette quantité, l'amalgame dentaire apporte environ 3 millionièmes de grammes par jour.

6. Le mercure absorbé par l'organisme est-il nocif?

Pour la très grande majorité des gens, on ne connaît aucun effet nocif causé par l'exposition à des quantités moyennes de mercure provenant des amalgames dentaires. Chez les personnes qui sont fortement exposées au mercure, dans l'industrie par exemple, la gravité des effets nocifs établie scientifiquement dépend de la durée et de l'intensité de l'exposition.

On a observé des effets infracliniques (c'est-à-dire observables, mais inférieurs au seuil de la maladie) chez certains groupes de personnes qui avaient dans les tissus des taux de mercure dix fois supérieurs à ceux de la population en général. Quant aux faibles niveaux d'exposition associées aux obturations à l'amalgame, on ne connaît pas le rapport entre l'intensité et la durée de l'exposition au mercure ni les effets possibles.

L'ADC fonde sa confiance en l'amalgame pour usage général sur 150 ans d'observations scientifiques chez les patients qui utilisent ce matériau dont on ne cesse d'améliorer la formule. De tous les matériaux de restauration, c'est le plus durable et le moins cher. L'Association dentaire canadienne presse toujours le gouvernement du Canada de soutenir d'autres recherches pour trouver des réponses scientifiques qui rassureront définitivement la population du pays sur l'innocuité de l'amalgame et celle des autres matériaux de restauration.

7. Pourquoi la profession dentaire continue-t-elle de soutenir l'emploi de l'amalgame, au moment où certains mettent en doute son innocuité, même si on n'en a démontré aucun danger?

Il y a toujours un élément de risque quand on introduit une substance étrangère dans l'organisme à des fins thérapeutiques. Les professionnels de la santé doivent constamment peser le risque connu d'une intervention particulière en regard des effets bienfaisants qu'ils lui connaissent.

Pour ce qui est de l'amalgame dentaire, les données scientifiques indiquent qu'il n'y a pas de risque grave à l'utiliser; sinon, on l'aurait observé nettement depuis 150 ans qu'on utilise ce matériau. Par ailleurs, les équipes dentaires, qui sont considérablement exposées à la substance, en auraient certes subi des effets démontrables cliniquement. Le risque associé à l'utilisation de l'amalgame semble limité et on sait que les bienfaits qu'en retirent les patients sont importants.

L'amalgame dentaire est tellement plus solide et durable que les autres matériaux de restauration, sans compter que le coût des restaurations à l'amalgame est plus raisonnable. Les derniers progrès, telle la mise au point de nouvelles techniques de restauration à l'amalgame par mordançage, ont rendu l'amalgame encore plus avantageux comme matériau de restauration.

Les incrustations d'alliages à base d'or offriraient une option raisonnable, si le matériau et les procédés qu'il requiert n'étaient pas si dispendieux. Il se peut également que l'examen aussi approfondi des autres matériaux en dévoile d'autres avantages et inconvénients, comme on le fait pour l'amalgame. La profession est au courant de la recherche en cours pour trouver des matériaux de remplacement plus durables et il se peut que ceux-ci soient disponibles au cours de la prochaine décennie.

8. Peut-on utiliser l'amalgame dentaire en toute sécurité chez tous les patients?

Non. Certains patients sont sensibles aux composants de l'amalgame, tout comme d'autres personnes sont sensibles ou allergiques à d'autres substances chimiques ou même à des aliments tels que le lait ou le pain. On estime que la prévalence de la sensibilité au mercure dans la population en général est d'environ 3 % (JADA, vol. 122, Aug. 1991, p. 54).

Par ailleurs, les dentistes peuvent, pour certains cas, songer à utiliser des obturations au composite ou à d'autres matériaux de restauration. Ils prennent couramment plusieurs facteurs en considération avant de choisir le matériau, notamment la taille de la dent, son emplacement, la santé du patient et ses antécédents médicaux et dentaires. Par exemple, on peut songer à d'autres solutions pour les personnes qui ont un déficit immunitaire, une neuropathie ou une insuffisance rénale.

Pour ce dernier cas, Santé Canada suggère de recourir à un autre matériau pour les patients. Bien qu'on n'ait pas établi de lien entre l'amalgame dentaire et ces maladies, il est évident qu'il faut porter une attention particulière à l'apport global de mercure dans l'organisme de ces patients. Il se peut aussi que l'amalgame soit contre-indiqué pour les ouvriers qui sont exposés aux métaux lourds dans leur travail ou pour les personnes qui sont davantage exposées au mercure, parce que leur régime alimentaire se compose surtout de fruits de mer.

9. Devrait-on prendre des précautions spéciales pour les femmes enceintes ou les enfants?

Les dentistes examinent plusieurs facteurs avant de décider du traitement des enfants et des femmes enceintes. S'ils sont informés de la grossesse de leur patiente, de concert avec celle-ci, les dentistes peuvent recommander d'autres matériaux de restauration, une autre forme de traitement ou le report de ce dernier.

Pour beaucoup de cas, l'amalgame offre le meilleur choix possible de restauration. Bien qu'on n'en ait pas démontré de façon spécifique de mauvais effets, on sait que le mercure traverse le placenta. Un comité des organismes concernés, réuni à l'invitation de Santé Canada, a conclu « que la recherche n'indique pas qu'il faille empêcher les enfants, les femmes enceintes et celles qui allaitent... de recevoir des obturations à l'amalgame... le bon sens indique que les femmes enceintes devraient reporter toute intervention médicale ou dentaire après l'accouchement.»

De nos jours, les enfants ont, pour la plupart, beaucoup moins de caries que par le passé et ils sont, en conséquence, moins exposés au mercure. Les dentistes portent une attention particulière au traitement de restauration chez les enfants et aux préoccupations des parents. L'amalgame dentaire offre, pour plusieurs cas, des avantages marqués. On songe aux autres matériaux s'ils conviennent et on les recommande au besoin.

10. L'amalgame dentaire est-il sûr, s'il s'appuie sur un autre métal dans la bouche (celui des appareils orthodontiques, par exemple)?

Santé Canada a pris la position suivante : Les nouvelles obturations à l'amalgame ne devraient pas être mises en contact avec les appareils métalliques déjà en bouche, tels les appareils orthodontiques. Le ministère se préoccupe des effets galvanisants qui surviennent lorsque deux métaux différents sont rapprochés l'un de l'autre, créant un potentiel de génération de courant électrique.

Les dentistes savent que la contiguïté des métaux peut avoir un effet galvanisant. On reconnaît aussi que, par le biais de la corrosion des matériaux dentaires métalliques, l'effet galvanisant peut accroître les émanations de mercure et des autres éléments ou composés. Certaines recherches récentes indiquent que l'effet galvanisant peut accroître légèrement la quantité de vapeur de mercure émanant de l'amalgame.

Pour toutes ces raisons, les dentistes feront preuve de prudence, s'ils évitent, dans le choix du matériau de restauration, de créer un effet galvanisant lorsque cela ne compromet pas les soins à prodiguer au patient. Il n'est pas à conseiller, par contre, d'enlever les obturations en place, à moins que le patient ne se plaigne de symptômes attribuables à l'effet galvanisant.

Par ailleurs, il est souvent nécessaire et souhaitable de placer des appareils orthodontiques chez des patients qui ont des amalgames et qui n'ont pas manifesté d'effets secondaires. Il est aussi nécessaire parfois, pour obtenir un traitement de restauration adéquat, de mettre en place des restaurations à proximité des appareils et de créer un potentiel d'effet galvanisant.

Le Comité des affaires cliniques et scientifiques de l'ADC fait remarquer cependant que, peu de temps après la mise en bouche de l'amalgame, par un procédé complexe, l'oxydation (ou corrosion) réduit le courant électrique. Mis à part la possibilité d'ajouter au fardeau des métaux lourds dans l'organisme, on n'a pas démontré que l'effet galvanisant avait des effets nocifs. Les inquiétudes qu'il soulève doivent être examinées dans le contexte de besoins d'ensemble du patient en matière de santé buccodentaire.

L'ADC a demandé à Santé Canada une bibliographie scientifique annotée à l'appui de sa recommandation sans réserve concernant l'effet galvanisant. Si nous recevons cette information, nous l'examinerons immédiatement et, au besoin, nous enverrons à la profession d'autres conseils qui seront mis à la disposition des patients.

11. Santé Canada a publié, le 27 novembre 1995, un rapport sur l'exposition au mercure et les risques associés à l'amalgame dentaire. On y suggère qu'il faudrait limiter le nombre des restaurations à l'amalgame pour réduire l'exposition globale quotidienne d'une personne au mercure provenant de toutes sources (notamment les aliments, l'eau, l'air et l'amalgame dentaire). Qu'est-ce que ce rapport signifie pour moi?

L'évaluation de l'exposition au mercure et des risques associés à l'amalgame dentaire, menée par M. G. Mark Richardson, PhD, est une revue et une analyse de la documentation faites par un seul scientifique à la demande de Santé Canada. L'étude ne comportait aucune nouvelle recherche du genre de celle que l'ADC presse le gouvernement de faire.

Il s'agit d'une évaluation du risque faite à l'aide de procédés mathématiques perfectionnés et de modèles informatiques. L'ADC a pris des dispositions pour qu'une équipe internationale de scientifiques examine l'étude et l'évalue. L'équipe a conclu que les données disponibles sur l'exposition au mercure ne sont pas suffisamment fiables pour permettre d'établir avec certitude l'apport tolérable quotidien (ATQ).

L'équipe de l'ADC et les organismes concernés convoqués par Santé Canada en sont arrivés à la même conclusion et les deux groupes ont recommandé de poursuivre la recherche de façon conclusive.

12. Que dit l'étude Richardson au sujet de l'apport de l'amalgame dentaire à la quantité de mercure dans l'organisme humain?

L'étude est en accord avec certaines autres qui suggèrent que l'apport de l'amalgame dentaire à la quantité de mercure dans l'organisme humain est de l'ordre de 3 millionièmes de gramme par jour. L'analyse et la revue de la documentation faites par Richardson font un pas de plus pour essayer d'estimer l'apport global quotidien provenant de toutes les sources et de calculer celui de l'amalgame dentaire (ATQ).

13. Quand la recherche offrira-t-elle plus d'information sur l'amalgame dentaire?

L'ADC continue d'encourager le gouvernement fédéral à financer d'autres recherches qui porteraient spécifiquement sur l'amalgame dentaire. On devrait poursuivre l'évaluation du risque associé à l'apport global de mercure dans l'organisme provenant de toutes les sources, en faisant appel à une équipe d'experts scientifiques qui travaillerait ouvertement et en coopération avec les milieux scientifiques et professionnels. L'ADC a offert de collaborer à une telle recherche et de participer à son financement.

14. Devrais-je faire remplacer mes obturations à l'amalgame?

Non. Ce n'est pas logique de remplacer les obturations à l'amalgame, parce que certains s'interrogent actuellement sur la toxicité possible du matériau. On peut cependant y songer pour les personnes qui sont sensibles à l'amalgame dentaire.

15. M'est-il possible de demander au dentiste d'employer un autre matériau que l'amalgame, si j'ai besoin de restauration dentaire?

Oui. Les dentistes reconnaissent les préoccupations des patients quant au choix des matériaux de restauration ainsi que leur droit de choisir un matériau dentaire ou de refuser quelque matériau que ce soit pour le traitement. Il faut reconnaître, cependant, que le dentiste peut se préoccuper également de la rétention, de la durabilité ou de la solidité des autres matériaux pour certains procédés et vous conseiller de choisir l'amalgame. La décision, cependant, vous appartient.

16. La profession dentaire supprime-t-elle de l'information sur les dangers de l'amalgame?

Non. La profession dentaire croit au consentement éclairé du patient et place le bien de celui-ci au-dessus de toute autre considération. L'amalgame dentaire demeure le matériau de restauration à retenir pour la plupart des cas et ses excellentes qualités comme matériau de restauration maintiennent le rapport risque-bienfait à l'avantage du patient.

17. Où est-ce que tout cela me conduit, en tant que patient? Quelle attitude dois-je avoir au sujet de l'amalgame dentaire?

Abordez la question logiquement. Discutez de votre cas avec votre dentiste et voyez si certaines raisons vous incitent à la prudence quant à l'emploi de l'amalgame pour votre cas. Votre dentiste veut que vous sachiez les conclusions des diverses études scientifiques menées sur l'amalgame dentaire.

Ne vous hâtez pas de faire enlever vos obturations à l'amalgame à la suite des comptes rendus des médias qui ne portent que sur certaines études scientifiques qu'ils auront retenues. Si cela vous inquiète vraiment, demandez alors qu'on emploie un autre matériau (tels le composite, les incrustations de céramique, les onlays ou les coulées d'or) au fur et à mesure qu'on remplacera vos obturations.

18. Mon dentiste me recommande une obturation à l'amalgame, mais j'en désire une de couleur naturelle (ou vice versa). Quel choix ai-je? De plus, j'aimerais que mon dentiste utilise un laser au lieu d'un foret pour effectuer l'obturation. Est-ce possible?

Vous et votre dentiste devez décider ensemble quel matériau d'obturation vous conviendra le mieux. Si vous désirez un matériau précis ou s'il en est un que vous ne voulez absolument pas, dites-le lui. Il saura vous conseiller et vous indiquer si le matériau que vous désirez fera l'affaire.

Les matériaux les plus fréquents pour restaurer (ou obturer) les dents sont l'amalgame (parfois appelé amalgame d'argent), la résine composite (parfois appelée résine plastique ou blanche), l'or, la céramique et l'ionomère de verre. Chacun de ces matériaux présente des avantages et des inconvénients. Certains peuvent mieux répondre à vos besoins que d'autres.

Tout dépend de la taille de la cavité à obturer et de l'endroit où elle se trouve. S'il s'agit d'une molaire, par exemple, comme l'obturation sera soumise à une force de mastication ou à une tension considérable, il faut un matériau solide. S'il s'agit des dents antérieures où la force de mastication est moindre et que les gens voient, mieux vaudra sans doute un matériau différent.

Par ailleurs, il y a de nouvelles et différentes façons de préparer une cavité en vue d'une obturation. Le laser est un outil plutôt nouveau en dentisterie. On l'utilise depuis plusieurs années sur les tissus mous comme les gencives.

Des dentistes ont commencé à s'en servir au lieu du foret pour enlever la carie des dents. Le laser est plus efficace pour les caries peu profondes. Au cours des prochaines années, sans doute sera-t-il perfectionné et plus de dentistes l'utiliseront-ils au lieu du foret.

L'abrasion par jet d'air est un autre moyen d'enlever la carie dentaire. Cette technique consiste à vaporiser un sable très fin et est surtout efficace pour les caries de surface. Si cette technique vous intéresse, téléphonez à votre société dentaire locale ou à des dentistes près de chez vous pour savoir qui l'utilisent.