Questions fréquemment posées

Réponses à des questions générales sur la dentisterie et les soins dentaires. Cliquez sur une question pour voir la réponse de l'Association dentaire canadienne (ADC).

La fréquence de vos visites dépend de vos besoins dentaires. Le but de l'examen est de déceler les petits problèmes tôt. Pour la plupart des gens, un examen tous les six mois suffit. Votre dentiste vous guidera suivant votre hygiène dentaire personnelle, vos besoins de prévention ou de traitement, l'accumulation de tartre sur vos dents, etc.

Posez-vous les questions suivantes : 

  • Est-ce que j'utilise la soie dentaire tous les jours?
  • Est-ce que je me brosse les dents deux fois par jour avec un dentifrice fluoruré et est-ce que je suis les instructions de mon dentiste sur la façon de les brosser correctement?
  • Mon alimentation est-elle bien équilibrée, comprend-elle des aliments des quatre groupes, et est-ce que je surveille ma consommation de sucreries et d'aliments collants?
  • Est-ce que je fume?
  • Ai-je déjà eu des caries ou la maladie des gencives?
  • Ma santé est-elle bonne en général?

Tous ces facteurs influent sur votre santé buccodentaire. Les réponses à ces questions vous aideront, vous et votre dentiste, à déterminer le nombre de visites dont vous avez besoin pour des examens. Il est bon d'observer que vous ne devriez pas déterminer vos besoins dentaires d'après la couverture de votre régime de soins dentaires.

Ai-je besoin de radiographies chaque fois?

La fréquence à laquelle vous avez besoin de radiographies dépend également de votre état de santé buccodentaire. Un adulte en bonne santé qui n'a pas eu de caries ou d'autres problèmes depuis quelques années n'a probablement pas besoin de radiographies à chaque rendez-vous.

Cependant, si votre situation dentaire est moins stable et que votre dentiste doit surveiller vos progrès, il est possible que vous ayez besoin de radiographies plus souvent. Si vous ne savez pas pourquoi telle radiographie est prise, il n'y a aucun mal à le demander. Rappelez-vous que les radiographies dentaires émettent des rayons très faibles et que, pour votre dentiste, elles sont un outil essentiel pour s'assurer que les petits problèmes n'en deviennent pas des grands.

Il importe que le soin des dents commence tôt si vous voulez que votre enfant apprenne que les visites chez le dentiste font partie des soins de santé réguliers. D'abord, vous devez choisir un dentiste qui convient à ses besoins. Ce peut être le vôtre ou un qui se spécialise dans le soin des enfants (appelé un pédodontiste).

Une fois que vous en avez choisi un, téléphonez à son cabinet pour savoir à quel âge il préfère recevoir les enfants pour la première fois. L'ADC encourage, dans les 6 mois suivant l'éruption de la première dent ou à l'âge d'un an, l'évaluation des jeunes enfants par un dentiste.

Il est important que la première visite soit une expérience agréable pour votre enfant. C'est là une des raisons pour laquelle il vaut mieux visiter le dentiste avant qu'un problème ait lieu. Cependant, si vous soupçonnez un problème, amenez votre enfant chez le dentiste sans délai, quel que soit son âge.

Si vous-même appréhendez le dentiste, demandez à votre conjoint ou à un autre membre de votre famille de se charger du rendez-vous. Si votre enfant sent que vous n'êtes pas à l'aise, sans doute le sera-t-il également. Lorsque vous lui parlez de la visite chez le dentiste, expliquez-lui ce qui se passera sans ajouter des "n'aie pas peur" ou "ça ne fera pas mal".

Assurez-vous de commencer tôt les soins réguliers d'hygiène dentaire à domicile. Commencez par nettoyer la bouche de votre enfant à l'aide d'un bout de tissu souple et humide avant que ses dents apparaissent et poursuivez avec une brosse à dents douce une fois que la première a poussé. Limitez le nombre de sucreries que vous donnez à votre enfant et, dès le début, préférez des aliments sains.

Autres sources d’information

Les dentistes effectuent ce qu'il est convenu d'appeler le blanchiment des dents «non vitales» depuis de nombreuses années. Le blanchiment des dents non vitales se fait sur des dents endommagées et noircies ayant fait l'objet d'un traitement de canal.

Le blanchiment des dents "vitales" se pratique sur des dents saines, et c'est une procédure qui gagne en popularité depuis quelques années. Elle peut être effectuée chez le dentiste ou celui-ci peut montrer au patient comme l'effectuer chez lui. Par ailleurs, on trouve de nombreux produits de blanchiment chez les marchands.

Les produits offerts ne sont pas tous pareils et ne donnent pas tous les mêmes résultats. En outre, les différents produits, y compris ceux qu'utilisent les dentistes, peuvent présenter divers risques et effets secondaires.

En voici un aperçu :

Les dentifrices blanchissants comprenant des ingrédients abrasifs ne sont nullement des produits de blanchiment, leur action s'exerçant uniquement sur les taches à la surface des dents. On les vend dans de nombreux magasins.

Certains dentifrices blanchissants contiennent un ingrédient chimique (ou «agent de blanchiment») qui entraîne une réaction chimique rendant les dents plus claires. En général, ils contiennent très peu d'"agent de blanchiment" et ne blanchissent pas les dents aussi bien que des produits plus puissants, mais ils ont moins d'effets secondaires. On s'en sert comme les dentifrices ordinaires en se brossant les dents, puis en se rinçant la bouche.

Les trousses de blanchiment vendues en magasin comprennent des produits qui demeurent en contact avec les dents plus longtemps que les dentifrices et qui contiennent un «agent de blanchiment» plus puissant. Ces produits n'offrent pas la protection supplémentaire que vous obtenez chez le dentiste alors qu'il surveille tout effet secondaire. De plus, ils sont présentés avec une gouttière à taille unique servant à contenir l'«agent de blanchiment» et susceptible de laisser couler le produit chimique dans la bouche.

Les dentistes peuvent se servir de produits avec un «agent de blanchiment» plus puissant, mais ils donnent aux patients des instructions précises à suivre. De plus, ils sont formés pour déceler et traiter les effets secondaires que les patients signalent parfois pendant le blanchiment. Et s'il faut une gouttière pour appliquer l'«agent de blanchiment», les dentistes en offrent une sur mesure. Parce que les produits utilisés par les dentistes sont puissants, ils donnent généralement de meilleurs résultats.

Il est bon pour les patients de savoir que le recours à des produits de blanchiment peut, à long terme, rendre les dents sensibles ou les endommager par abrasion.

1. Les maladies des gencives sont-elles fréquentes?

Elles sont très fréquentes. Au Canada, les maladies de gencive affectent sept personnes sur dix, à un moment ou l'autre de leur vie. C'est le problème buccodentaire le plus répandu. Elles peuvent se développer pratiquement sans douleur jusqu'à ce qu'apparaisse le véritable problème. Voilà pourquoi c'est si important de les prévenir et de les empêcher de s'aggraver.

2. Comment les maladies de gencive commencent-elles?

Les affections de la gencive commencent lorsque la plaque adhère à la partie visible du sillon gingival ou en dessous. Si on ne l'enlève pas quotidiennement en se nettoyant les dents avec la brosse et la soie dentaire, la plaque durcit et forme du tartre, ce qui facilite l'infection bactérienne au point d'attache. Au début, l'affection dentaire s'appelle gingivite.

La gencive peut prendre une teinte rougeâtre, mais il se peut que vous ne ressentiez rien. La gingivite s'aggravant, des poches d'infection se forment. On peut remarquer un certain gonflement des gencives et il se peut que celles-ci saignent un peu quand vous vous brossez les dents, mais toujours sans douleur. Avec le temps, l'infection détruit le tissu gingival et, éventuellement, vous risquez de perdre une ou plusieurs dents.

3. Comment puis-je prévenir les maladies de gencive?

Voici la clé. Le facteur le plus important de la lutte contre les maladies de gencive, c'est la prévention. L'essentiel, c'est de garder vos dents et vos gencives propres. Brossez-vous les dents comme il faut au moins deux fois par jour et nettoyez-les avec la soie dentaire au moins une fois par jour.

La bonne technique pour se nettoyer les dents avec la brosse et la soie dentaire est aussi importante que la fréquence des soins. Consultez régulièrement votre dentiste pour recevoir un nettoyage professionnel, vous faire examiner la bouche et éradiquer tout début d'affection des gencives.

4. Comment savoir si je me nettoie correctement les dents avec la brosse et la soie dentaire?

La brosse à dents : Brossez-vous les dents doucement, en portant attention à la jonction entre les dents et les gencives. Nettoyez toutes les faces des dents. Servez-vous de l'extrémité de votre brosse pour nettoyer les dents antérieures, en haut et en bas.

La soie dentaire : Prenez une longueur de soie dentaire d'environ 45 cm et enroulez-la aux majeurs. Prenant à chaque fois une section propre, entourez chaque dent avec le fil en formant un C, puis frottez la dent deux ou trois fois, à partir de la base. Répétez la technique à chaque dent.

1. Qu'est-ce que le fluorure?

Le fluorure est un minéral qu'on trouve dans la terre, l'eau (eau douce et eau salée) et divers aliments.

2. Comment le fluorure aide-t-il à prévenir la carie?

Le fluorure exerce un effet favorable sur la santé buccodentaire en rendant les dents plus résistantes à la carie. Le fluorure peut également aider à prévenir les caries, voire supprimer celles qui sont apparues.

3. D'où provient le fluorure qui aide à prévenir la carie?

Pour de nombreux Canadiens, le fluorure se trouve dans les eaux potables publiques, offrant ainsi une protection à tous les membres de la communauté. Des dentifrices et des rince-bouche fluorurés sont offerts sur le marché, et votre dentiste peut vous fournir des produits fluorurés tels que des gels et des vernis.

4. Qu'est-ce que la fluorose dentaire?

La fluorose dentaire change l'apparence des dents et est causée quand des quantités de fluorure plus élevées qu'optimales sont ingérées durant la petite enfance. Sous sa forme la plus légère et la plus fréquente, la fluorose altère l'apparence des dents des enfants sur lesquelles on aperçoit de petites taches blanches.

5. La fluorose dentaire est-elle un sujet de préoccupation au Canada?

Selon l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé 2007-2009, la fluorose dentaire n'est pas un sujet de préoccupation pour la vaste majorité des enfants (84 %). Certains enfants (16 %) sont atteints de formes de fluorose légère que souvent ni les enfants ni les parents ne remarquent.

6. La fluoruration de l'eau, de quoi s'agit-il?

La fluoruration de l'eau est un procédé suivant lequel le taux de fluorure dans les eaux potables publiques est ajusté afin d'optimiser les bienfaits dentaires associés à la prévention de la carie.

7. Pourquoi ajoute-t-on du fluorure aux eaux potables publiques s'il est disponible autrement?

Le fluorure est ajouté aux eaux potables publiques afin de protéger tous les membres de la communauté contre la carie dentaire. La fluoruration des eaux communautaires est un moyen sûr et efficace pour prévenir la carie à un coût modeste.

8. Qui surveille les taux de fluorure dans les eaux potables?

Le Comité fédéral-provincial-territorial sur les eaux potables formule des recommandations touchant le taux optimal de fluorure dans les eaux potables afin de prévenir la carie. Le taux recommandé tient compte du fait que les Canadiens obtiennent du fluorure d'autres sources tels les aliments et les boissons.

9. Par taux «optimal» de fluoruration de l'eau, que veut-on dire?

Un taux optimal de fluoruration des eaux potables est atteint en ajustant le taux de fluorure qu'elles contiennent de manière à obtenir un juste équilibre entre les bienfaits associés à la prévention de la carie et les risques de fluorose dentaire.

10. La fluoruration de l'eau présente-t-elle des risques pour la santé?

À l'exception de la fluorose dentaire, les études scientifiques n'ont découvert aucun lien crédible entre la fluoruration de l'eau et des effets nocifs sur la santé.

11. Dois-je utiliser un dentifrice fluoruré pour mon enfant?

Chez les enfants de zéro à trois ans, l'usage de dentifrices fluorurés sera déterminé en fonction du niveau de risque. À cette fin, les parents devraient consulter un professionnel de la santé pour déterminer si l'enfant de moins de trois ans présente un risque de carie dentaire. Si un tel risque existe, les dents de l'enfant devraient être brossées par un adulte en utilisant une très faible quantité de dentifrice fluoruré (quantité correspondant à la taille d'un grain de riz). Il a été établi que l'utilisation d'une faible quantité de dentifrice fluoruré permet d'atteindre un équilibre entre les bienfaits du fluorure et le risque de fluorose. Si on ne considère pas que l'enfant est à risque, les dents devraient être brossées par un adulte, uniquement avec une brosse à dents et de l'eau.

Les enfants de trois à six ans ne devraient utiliser qu'une faible quantité (portion de la taille d'un pois vert) de dentifrice fluoruré. Les enfants dans ce groupe d'âge devraient se brosser les dents avec l'aide d'un adulte.

12. Pourquoi dois-je surveiller ou aider mon enfant pour le brossage de ses dents?

Les jeunes enfants ont tendance à avaler le dentifrice en se brossant les dents, ce qui peut augmenter leur exposition au fluorure et contribuer au développement de la fluorose dentaire. C'est pourquoi il convient de les aider ou de les superviser pour le brossage des dents. L'adulte doit s'assurer qu'une quantité appropriée de dentifrice est utilisée, que l'enfant crache le dentifrice au lieu de l'avaler et que ses dents sont bien nettoyées.

13. Comment savoir si mon enfant est bien protégé avec du fluorure?

Votre dentiste est en mesure d'évaluer le risque que court votre enfant de développer des caries et de vous conseiller touchant le taux approprié de fluorure pour le protéger.

 

1. Qui est chargé de veiller à l'innocuité des appareils et des matériaux médicaux?

Au Canada, c'est la Direction générale de la protection de la santé (DGPS), à Santé Canada, qui est chargée de la réglementation des appareils et matériaux médicaux.

2. L'emploi de l'amalgame dentaire est-il autorisé au Canada et est-il sûr?

Les matériaux de restauration ne se situent pas dans une catégorie dont Santé Canada exige que les éléments aient été approuvés avant leur mise en marché. Néanmoins, si elle peut toujours réglementer les appareils ou matériaux médicaux, la Direction générale de la protection de la santé ne limite pas actuellement l'utilisation de l'amalgame dentaire.

3. De récentes études n'ont-elles pas démontré que l'amalgame dégage de la vapeur de mercure et qu'on ne devrait pas l'utiliser?

Les études scientifiques n'ont pas confirmé que l'amalgame dentaire causait des problèmes particuliers à la population en général. On sait, cependant, depuis un certain temps, que les obturations à l'amalgame dégagent d'infimes quantités de vapeur de mercure, surtout pendant la mastication, et que ce mercure peut être absorbé, atteindre certains organes et traverser le placenta. Il en va ainsi du mercure venant de sources naturelles, tels les aliments.

4. Le mercure n'est-il pas une substance toxique?

Élément simple, le mercure est un métal toxique que nous trouvons dans l'air, l'eau, le sol et les aliments, et auquel nous sommes tous exposés. Dans l'amalgame dentaire, il est lié à d'autres métaux, notamment l'argent, le cuivre et l'étain. D'infimes quantités de vapeurs de mercure s'échappent de l'amalgame pendant la mastication. Leur toxicité dépend de la quantité de mercure que nous absorbons. Le mercure, provenant de toutes les sources, s'accumule dans les organes et les tissus de l'organisme, surtout les reins, mais aussi au cerveau, dans les poumons, le foie et le tractus gastro-intestinal.

5. Combien de mercure provenant de sources naturelles et combien des obturations à l'amalgame une personne absorbe-t-elle?

La quantité dépend de divers facteurs, tels la nature des aliments qu'on ingurgite, l'exposition en milieu de travail, la quantité de mercure dans l'environnement et le nombre d'obturations à l'amalgame qu'on a en bouche. Santé Canada estime qu'au Canada, l'adulte moyen, âgé de 20 à 59 ans, absorbe par jour environ 9 millionièmes de gramme de mercure provenant de toutes les sources. On estime que, de cette quantité, l'amalgame dentaire apporte environ 3 millionièmes de grammes par jour.

6. Le mercure absorbé par l'organisme est-il nocif?

Pour la très grande majorité des gens, on ne connaît aucun effet nocif causé par l'exposition à des quantités moyennes de mercure provenant des amalgames dentaires. Chez les personnes qui sont fortement exposées au mercure, dans l'industrie par exemple, la gravité des effets nocifs établie scientifiquement dépend de la durée et de l'intensité de l'exposition.

On a observé des effets infracliniques (c'est-à-dire observables, mais inférieurs au seuil de la maladie) chez certains groupes de personnes qui avaient dans les tissus des taux de mercure dix fois supérieurs à ceux de la population en général. Quant aux faibles niveaux d'exposition associées aux obturations à l'amalgame, on ne connaît pas le rapport entre l'intensité et la durée de l'exposition au mercure ni les effets possibles.

L'ADC fonde sa confiance en l'amalgame pour usage général sur 150 ans d'observations scientifiques chez les patients qui utilisent ce matériau dont on ne cesse d'améliorer la formule. De tous les matériaux de restauration, c'est le plus durable et le moins cher. L'Association dentaire canadienne presse toujours le gouvernement du Canada de soutenir d'autres recherches pour trouver des réponses scientifiques qui rassureront définitivement la population du pays sur l'innocuité de l'amalgame et celle des autres matériaux de restauration.

7. Pourquoi la profession dentaire continue-t-elle de soutenir l'emploi de l'amalgame, au moment où certains mettent en doute son innocuité, même si on n'en a démontré aucun danger?

Il y a toujours un élément de risque quand on introduit une substance étrangère dans l'organisme à des fins thérapeutiques. Les professionnels de la santé doivent constamment peser le risque connu d'une intervention particulière en regard des effets bienfaisants qu'ils lui connaissent.

Pour ce qui est de l'amalgame dentaire, les données scientifiques indiquent qu'il n'y a pas de risque grave à l'utiliser; sinon, on l'aurait observé nettement depuis 150 ans qu'on utilise ce matériau. Par ailleurs, les équipes dentaires, qui sont considérablement exposées à la substance, en auraient certes subi des effets démontrables cliniquement. Le risque associé à l'utilisation de l'amalgame semble limité et on sait que les bienfaits qu'en retirent les patients sont importants.

L'amalgame dentaire est tellement plus solide et durable que les autres matériaux de restauration, sans compter que le coût des restaurations à l'amalgame est plus raisonnable. Les derniers progrès, telle la mise au point de nouvelles techniques de restauration à l'amalgame par mordançage, ont rendu l'amalgame encore plus avantageux comme matériau de restauration.

Les incrustations d'alliages à base d'or offriraient une option raisonnable, si le matériau et les procédés qu'il requiert n'étaient pas si dispendieux. Il se peut également que l'examen aussi approfondi des autres matériaux en dévoile d'autres avantages et inconvénients, comme on le fait pour l'amalgame. La profession est au courant de la recherche en cours pour trouver des matériaux de remplacement plus durables et il se peut que ceux-ci soient disponibles au cours de la prochaine décennie.

8. Peut-on utiliser l'amalgame dentaire en toute sécurité chez tous les patients?

Non. Certains patients sont sensibles aux composants de l'amalgame, tout comme d'autres personnes sont sensibles ou allergiques à d'autres substances chimiques ou même à des aliments tels que le lait ou le pain. On estime que la prévalence de la sensibilité au mercure dans la population en général est d'environ 3 % (JADA, vol. 122, Aug. 1991, p. 54).

Par ailleurs, les dentistes peuvent, pour certains cas, songer à utiliser des obturations au composite ou à d'autres matériaux de restauration. Ils prennent couramment plusieurs facteurs en considération avant de choisir le matériau, notamment la taille de la dent, son emplacement, la santé du patient et ses antécédents médicaux et dentaires. Par exemple, on peut songer à d'autres solutions pour les personnes qui ont un déficit immunitaire, une neuropathie ou une insuffisance rénale.

Pour ce dernier cas, Santé Canada suggère de recourir à un autre matériau pour les patients. Bien qu'on n'ait pas établi de lien entre l'amalgame dentaire et ces maladies, il est évident qu'il faut porter une attention particulière à l'apport global de mercure dans l'organisme de ces patients. Il se peut aussi que l'amalgame soit contre-indiqué pour les ouvriers qui sont exposés aux métaux lourds dans leur travail ou pour les personnes qui sont davantage exposées au mercure, parce que leur régime alimentaire se compose surtout de fruits de mer.

9. Devrait-on prendre des précautions spéciales pour les femmes enceintes ou les enfants?

Les dentistes examinent plusieurs facteurs avant de décider du traitement des enfants et des femmes enceintes. S'ils sont informés de la grossesse de leur patiente, de concert avec celle-ci, les dentistes peuvent recommander d'autres matériaux de restauration, une autre forme de traitement ou le report de ce dernier.

Pour beaucoup de cas, l'amalgame offre le meilleur choix possible de restauration. Bien qu'on n'en ait pas démontré de façon spécifique de mauvais effets, on sait que le mercure traverse le placenta. Un comité des organismes concernés, réuni à l'invitation de Santé Canada, a conclu « que la recherche n'indique pas qu'il faille empêcher les enfants, les femmes enceintes et celles qui allaitent... de recevoir des obturations à l'amalgame... le bon sens indique que les femmes enceintes devraient reporter toute intervention médicale ou dentaire après l'accouchement.»

De nos jours, les enfants ont, pour la plupart, beaucoup moins de caries que par le passé et ils sont, en conséquence, moins exposés au mercure. Les dentistes portent une attention particulière au traitement de restauration chez les enfants et aux préoccupations des parents. L'amalgame dentaire offre, pour plusieurs cas, des avantages marqués. On songe aux autres matériaux s'ils conviennent et on les recommande au besoin.

10. L'amalgame dentaire est-il sûr, s'il s'appuie sur un autre métal dans la bouche (celui des appareils orthodontiques, par exemple)?

Santé Canada a pris la position suivante : Les nouvelles obturations à l'amalgame ne devraient pas être mises en contact avec les appareils métalliques déjà en bouche, tels les appareils orthodontiques. Le ministère se préoccupe des effets galvanisants qui surviennent lorsque deux métaux différents sont rapprochés l'un de l'autre, créant un potentiel de génération de courant électrique.

Les dentistes savent que la contiguïté des métaux peut avoir un effet galvanisant. On reconnaît aussi que, par le biais de la corrosion des matériaux dentaires métalliques, l'effet galvanisant peut accroître les émanations de mercure et des autres éléments ou composés. Certaines recherches récentes indiquent que l'effet galvanisant peut accroître légèrement la quantité de vapeur de mercure émanant de l'amalgame.

Pour toutes ces raisons, les dentistes feront preuve de prudence, s'ils évitent, dans le choix du matériau de restauration, de créer un effet galvanisant lorsque cela ne compromet pas les soins à prodiguer au patient. Il n'est pas à conseiller, par contre, d'enlever les obturations en place, à moins que le patient ne se plaigne de symptômes attribuables à l'effet galvanisant.

Par ailleurs, il est souvent nécessaire et souhaitable de placer des appareils orthodontiques chez des patients qui ont des amalgames et qui n'ont pas manifesté d'effets secondaires. Il est aussi nécessaire parfois, pour obtenir un traitement de restauration adéquat, de mettre en place des restaurations à proximité des appareils et de créer un potentiel d'effet galvanisant.

Le Comité des affaires cliniques et scientifiques de l'ADC fait remarquer cependant que, peu de temps après la mise en bouche de l'amalgame, par un procédé complexe, l'oxydation (ou corrosion) réduit le courant électrique. Mis à part la possibilité d'ajouter au fardeau des métaux lourds dans l'organisme, on n'a pas démontré que l'effet galvanisant avait des effets nocifs. Les inquiétudes qu'il soulève doivent être examinées dans le contexte de besoins d'ensemble du patient en matière de santé buccodentaire.

L'ADC a demandé à Santé Canada une bibliographie scientifique annotée à l'appui de sa recommandation sans réserve concernant l'effet galvanisant. Si nous recevons cette information, nous l'examinerons immédiatement et, au besoin, nous enverrons à la profession d'autres conseils qui seront mis à la disposition des patients.

11. Santé Canada a publié, le 27 novembre 1995, un rapport sur l'exposition au mercure et les risques associés à l'amalgame dentaire. On y suggère qu'il faudrait limiter le nombre des restaurations à l'amalgame pour réduire l'exposition globale quotidienne d'une personne au mercure provenant de toutes sources (notamment les aliments, l'eau, l'air et l'amalgame dentaire). Qu'est-ce que ce rapport signifie pour moi?

L'évaluation de l'exposition au mercure et des risques associés à l'amalgame dentaire, menée par M. G. Mark Richardson, PhD, est une revue et une analyse de la documentation faites par un seul scientifique à la demande de Santé Canada. L'étude ne comportait aucune nouvelle recherche du genre de celle que l'ADC presse le gouvernement de faire.

Il s'agit d'une évaluation du risque faite à l'aide de procédés mathématiques perfectionnés et de modèles informatiques. L'ADC a pris des dispositions pour qu'une équipe internationale de scientifiques examine l'étude et l'évalue. L'équipe a conclu que les données disponibles sur l'exposition au mercure ne sont pas suffisamment fiables pour permettre d'établir avec certitude l'apport tolérable quotidien (ATQ).

L'équipe de l'ADC et les organismes concernés convoqués par Santé Canada en sont arrivés à la même conclusion et les deux groupes ont recommandé de poursuivre la recherche de façon conclusive.

12. Que dit l'étude Richardson au sujet de l'apport de l'amalgame dentaire à la quantité de mercure dans l'organisme humain?

L'étude est en accord avec certaines autres qui suggèrent que l'apport de l'amalgame dentaire à la quantité de mercure dans l'organisme humain est de l'ordre de 3 millionièmes de gramme par jour. L'analyse et la revue de la documentation faites par Richardson font un pas de plus pour essayer d'estimer l'apport global quotidien provenant de toutes les sources et de calculer celui de l'amalgame dentaire (ATQ).

13. Quand la recherche offrira-t-elle plus d'information sur l'amalgame dentaire?

L'ADC continue d'encourager le gouvernement fédéral à financer d'autres recherches qui porteraient spécifiquement sur l'amalgame dentaire. On devrait poursuivre l'évaluation du risque associé à l'apport global de mercure dans l'organisme provenant de toutes les sources, en faisant appel à une équipe d'experts scientifiques qui travaillerait ouvertement et en coopération avec les milieux scientifiques et professionnels. L'ADC a offert de collaborer à une telle recherche et de participer à son financement.

14. Devrais-je faire remplacer mes obturations à l'amalgame?

Non. Ce n'est pas logique de remplacer les obturations à l'amalgame, parce que certains s'interrogent actuellement sur la toxicité possible du matériau. On peut cependant y songer pour les personnes qui sont sensibles à l'amalgame dentaire.

15. M'est-il possible de demander au dentiste d'employer un autre matériau que l'amalgame, si j'ai besoin de restauration dentaire?

Oui. Les dentistes reconnaissent les préoccupations des patients quant au choix des matériaux de restauration ainsi que leur droit de choisir un matériau dentaire ou de refuser quelque matériau que ce soit pour le traitement. Il faut reconnaître, cependant, que le dentiste peut se préoccuper également de la rétention, de la durabilité ou de la solidité des autres matériaux pour certains procédés et vous conseiller de choisir l'amalgame. La décision, cependant, vous appartient.

16. La profession dentaire supprime-t-elle de l'information sur les dangers de l'amalgame?

Non. La profession dentaire croit au consentement éclairé du patient et place le bien de celui-ci au-dessus de toute autre considération. L'amalgame dentaire demeure le matériau de restauration à retenir pour la plupart des cas et ses excellentes qualités comme matériau de restauration maintiennent le rapport risque-bienfait à l'avantage du patient.

17. Où est-ce que tout cela me conduit, en tant que patient? Quelle attitude dois-je avoir au sujet de l'amalgame dentaire?

Abordez la question logiquement. Discutez de votre cas avec votre dentiste et voyez si certaines raisons vous incitent à la prudence quant à l'emploi de l'amalgame pour votre cas. Votre dentiste veut que vous sachiez les conclusions des diverses études scientifiques menées sur l'amalgame dentaire.

Ne vous hâtez pas de faire enlever vos obturations à l'amalgame à la suite des comptes rendus des médias qui ne portent que sur certaines études scientifiques qu'ils auront retenues. Si cela vous inquiète vraiment, demandez alors qu'on emploie un autre matériau (tels le composite, les incrustations de céramique, les onlays ou les coulées d'or) au fur et à mesure qu'on remplacera vos obturations.

18. Mon dentiste me recommande une obturation à l'amalgame, mais j'en désire une de couleur naturelle (ou vice versa). Quel choix ai-je? De plus, j'aimerais que mon dentiste utilise un laser au lieu d'un foret pour effectuer l'obturation. Est-ce possible?

Vous et votre dentiste devez décider ensemble quel matériau d'obturation vous conviendra le mieux. Si vous désirez un matériau précis ou s'il en est un que vous ne voulez absolument pas, dites-le lui. Il saura vous conseiller et vous indiquer si le matériau que vous désirez fera l'affaire.

Les matériaux les plus fréquents pour restaurer (ou obturer) les dents sont l'amalgame (parfois appelé amalgame d'argent), la résine composite (parfois appelée résine plastique ou blanche), l'or, la céramique et l'ionomère de verre. Chacun de ces matériaux présente des avantages et des inconvénients. Certains peuvent mieux répondre à vos besoins que d'autres.

Tout dépend de la taille de la cavité à obturer et de l'endroit où elle se trouve. S'il s'agit d'une molaire, par exemple, comme l'obturation sera soumise à une force de mastication ou à une tension considérable, il faut un matériau solide. S'il s'agit des dents antérieures où la force de mastication est moindre et que les gens voient, mieux vaudra sans doute un matériau différent.

Par ailleurs, il y a de nouvelles et différentes façons de préparer une cavité en vue d'une obturation. Le laser est un outil plutôt nouveau en dentisterie. On l'utilise depuis plusieurs années sur les tissus mous comme les gencives.

Des dentistes ont commencé à s'en servir au lieu du foret pour enlever la carie des dents. Le laser est plus efficace pour les caries peu profondes. Au cours des prochaines années, sans doute sera-t-il perfectionné et plus de dentistes l'utiliseront-ils au lieu du foret.

L'abrasion par jet d'air est un autre moyen d'enlever la carie dentaire. Cette technique consiste à vaporiser un sable très fin et est surtout efficace pour les caries de surface. Si cette technique vous intéresse, téléphonez à votre société dentaire locale ou à des dentistes près de chez vous pour savoir qui l'utilisent.